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Le premier cimetière documenté d’Arbeca fut le Fossar de Sant Joan (cimetière Saint-Jean), situé hors des murailles, face à la porte du même nom. Durant la Guerre d’indépendance espagnole (1808–1814) et surtout la Première guerre carliste (1833–1840), le fossar ainsi que la petite église attenante subirent de graves dommages, car nombre de leurs pierres furent utilisées pour renforcer les défenses du village. Face à cette situation, les autorités ordonnèrent la construction d’un nouveau cimetière.

La municipalité acquit des terrains situés sous la colline du château, sur le versant nord du village, où les travaux commencèrent le 11 octobre 1841. Le nouveau cimetière fut inauguré l’année suivante. Il couvrait une superficie d’environ 1 800 m², était entouré d’un mur d’enceinte et possédait une unique porte d’accès orientée vers le centre urbain. Les sépultures étaient majoritairement en pleine terre, conformément aux usages funéraires de l’époque.

En 1880, une chapelle centrale et deux rangées de niches furent construites. Au XXe siècle, une nouvelle entrée principale fut ouverte et, au centre de l’enceinte, une croix en pierre avec piédestal fut installée, œuvre du sculpteur d’Arbeca Ramon Perera Fallada. Parallèlement, l’ancien Fossar de Sant Joan (cimetière Saint-Jean) fut fermé et son terrain loti, donnant lieu à de nouvelles constructions, dont l’actuelle Casa de la Vila (Hôtel de Ville).

Durant les premiers mois de la Guerre civile espagnole (1936–1939), dans un contexte de violence révolutionnaire et anticléricale, les croix des tombes ainsi que la croix centrale furent détruites. Dans les derniers mois du conflit, le cimetière servit à inhumer, dans une fosse commune située en ce même lieu, des dizaines de soldats blessés du front du Segre, décédés à l’hôpital de campagne de la Unió Republicana.

Avec l’inauguration du nouveau cimetière en 1945, cet espace fut désormais connu sous le nom de Cimetière Vieux. Progressivement abandonné, il fut démoli et transformé en jardin après 1979, avec l’engagement de le préserver comme lieu de mémoire. En 1987, un monument fut érigé en mémoire des défunts et des victimes de la Guerre civile espagnole, et en 2014 un monolithe commémoratif de 1714 y fut ajouté.